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L’art du XXe siècle et notre époque sont abordés en classe de 3e et en terminale. Au collège « Leçon de choses » permettra d’expliciter la thématique « Arts, espaces, temps ». Au Lycée, il permettra bien des interrogations dans le champ anthropologique : « Arts, réalités, imaginaires » et dans le champs esthétique « Arts, goût, esthétiques ».
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Décrit dans le dictionnaire comme un élément extérieur au sujet, le mot « objet » désigne, étymologiquement parlant, ce que l’on vise, soit pour l’atteindre, soit pour le connaître. Quant à la chose, elle renvoie à un objet mal distingué, mal identifié, méconnu. Si l’art moderne et contemporain est réputé produire des objets parfois indéterminés, Leçon de choses propose de questionner ce qui constitue le propre d’une œuvre lorsqu’elle entretient un rapport étroit avec le commun des objets.
En pédagogie, les leçons de choses avaient pour objectif d’éveiller les jeunes esprits en leur faisant découvrir les réalités du monde. Mobilisant les sens, il s’agissait de provoquer de manière intuitive l’apparition d’idées abstraites, de concepts, au contact d’objets concrets… une posture qui peut être assimilée à celle du spectateur face à l’objet d’art. Sans vouloir éveiller ici de nostalgie
vis-à-vis de ce mode d’enseignement empirique, les œuvres de ce module invitent à adopter une disposition propice à l’exploration. Leur matérialité parfois ambiguë et les procédés déployés par les artistes, attisent la curiosité et l’esprit critique.
Si les œuvres peuvent intriguer voire déranger c’est que, bien souvent, les artistes agissent en perturbateurs de l’ordre des choses. Alors qu’une œuvre abstraite peut inviter à une appropriation personnelle par une projection de l’esprit et un appel à l’imagination, celle qui se réfère visiblement à une réalité quotidienne interpelle davantage en bousculant ou contredisant nos automatismes de perception et nos schémas de compréhension des choses.
« Point de vue », « voir ce que ça veut dire », « avoir sa vision des choses »… le vocable du regard, devenu métaphore du savoir, souligne sa capacité à appréhender le monde tant visuellement qu’intellectuellement. Il est ici le principal sens mobilisé. Les œuvres de ce module sollicitent le développement de son acuité vis à vis de la chose banale : les Voyeurs d’Ernest T. soulignent l’importance d’un œil scrutateur et désireux de découvrir, quand les dispositifs adoptés par Clarisse Doussot et Daniel Schlier invitent à considérer des éléments que l’on ne daigne voir ou auxquels le coup d’œil jeté ne tient plus que du réflexe.
Semblant suivre des méthodologies que l’on pourrait qualifier d’heuristiques, les artistes mobilisent outils intellectuels, procédés et démarches qui favorisent la découverte : la juxtaposition de moulages de valises d’outils de Dan Peterman évoque une typologie, lorsque Ben et Jean-Luc Vilmouth procèdent par formulations associées à des démonstrations d’objets qui pourraient provoquer le noircissement de copies de philosophie ou de science physique. La chose, objet d’étude, devient base de réflexion autant que prétexte à l’expérimentation et à la production : détournée de son usage premier (Roman Signer) ou dessinée pour être mieux conçue (Paul McCarthy), combinée (Alex Hubbard) et hybridée comme réponse au foisonnement (Mrzyk & Moriceau)… Les artistes livrent diverses formules de récupération de la chose comme matière première du processus de création qui lui aussi se donne à voir.
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